Avec Catherine, ça a commencé par une visite estivale,
des petits déjeuners partagés sur la terrasse,
un voyage à Nohant,
ça s’est poursuivi par des échanges tout l’automne…
s’est installée une amitié qui soutient et passe aussi par les livres
Catherine K. avait mis le nez dans les miens,
en avait choisi plusieurs dont « Créatures du fleuves »,
l’avait emporté dans sa valise
Aujourd’hui, elle publie ses notes de lecture
sur Itinéraires pluriels
En entamant la lecture de Créatures du fleuve de Françoise Renaud, je me suis demandé qui celles-ci pouvaient être, j’ai pensé aux animaux, les petits mammifères et les oiseaux qui peuplent et survolent les roselières, les tourbières, ces terres parfois noires et ombreuses, ces berges gorgées d’eau.
Mais il y a les humains aussi. Surtout.
Je m’appelle Hilarion, j’suis rien qu’une ombre. Hilarion, ce garçon du fleuve qui à la fois lui appartient et le porte en lui. Écorché par la vie, par la disparition prématurée du père, par la dureté de ces lieux âpres, il tente de se construire auprès du fleuve, peut-être avec Milie récemment rencontrée. Mais des hommes bizarres rôdent, une fille disparaît. Et Aoustin, comme un père de substitution, surgit sur sa barque pour quelques moments de bonheur. Vers midi, l’air brassait la lumière et la diluait au flanc des îles. La parole était inutile, le silence du monde occupait toute la place et leurs âmes s’en trouvaient apaisées.
Au long des pages, je m’interroge sur le pouvoir de la nature à guérir les blessures de l’âme. Et pourtant, à voir les choses autrement, on se dit que son pouvoir n’est pas nécessairement celui que l’on attend.

Et cette nature, c’est le fleuve, comme moelle épinière du récit dont le rythme en suit la rumeur, le bruissement, les flots déchaînés. La terre et l’eau, ces éléments sans lesquels on ne peut vivre. Le fleuve, me dit Françoise, « qui conduit à ce vaste delta de lumière, cette ouverture sur l’immense océan qui avale tout des corps et des histoires dans mon pays de naissance ».
Par cette prose poétique qu’on lui connaît pour nous dire la nature, plus resserrée et pudique pour dire les sentiments et les émotions, par cette langue qui pour elle, et j’ajouterais pour nous, compte par-dessus tout, Françoise nous emmène dans les méandres du fleuve et au profond des tourments de celles et ceux qui y vivent.

Catherine Koeckx a publié cette chronique sur son blog Itinéraires Pluriels.
Je la remercie de m’autoriser à la publier ici ainsi que ses photos de roselières.
Photographies ©Catherine Koeckx, lac du Der en Champagne

Oh, merci, merci Françoise pour ce magnifique post et ton partage ! Et j’en ai encore quelques-uns en réserve… de quoi tenir l’hiver !
on a les livres pour tenir, tu as tellement raison…
et j’espère bien que tout ça va se poursuivre, l’amitié, l’écriture, les notes croisées, le partage à travers l’hiver et beaucoup d’autres saisons…