L’EMPRISE DE L’OCÉAN

beau livre
CLC éditions, 2014

 

« Depuis longtemps. j’écris et photographie le pays où je suis née. Il m’a procuré une enfance forte, il m’a enseigné l’âpreté et la solitude. À travers lui, je n’ai cessé de mesurer le temps qui nous est nécessaire pour accéder à la beauté. »

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1ère de couverture L'emprise de l'océan

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Depuis son premier jour jusqu’à l’âge d’étudier, Françoise Renaud a habité le pays de Retz et en a fréquenté les caps sauvages. Ce pays a toujours été son allié. Son corps a grandi avec lui, le vent de la mer l’a forgé. Quand elle est partie, elle a découvert le besoin qu’elle avait de ce lieu premier – un besoin viscéral – et elle y est revenue, encore plus près, pour le réinventer, le photographier, le raconter aux autres.

Si son regard se pose là où on ne l’attend pas, on reconnaît pourtant chaque endroit. On respire l’algue, on part en sa compagnie le long des sentiers en hiver, en été, on se moque du temps qu’il va faire, on est prêt à tout, fasciné par la puissance du paysage abreuvé d’océan.

Un livre taillé au burin, plein vent, face au large. Un hommage au pays et à sa beauté.

 

EXTRAIT

La côte représente l’ouverture au monde.
Elle est limite, contour, zone de contact, frontière provisoire où le territoire se bagarre avec la mer, encaisse ses colères, se burine, se révèle, se cisèle, se désagrège.
Voilà un atout qui ne saurait se comparer à aucun autre.
Outre son tracé tourmenté en perpétuel devenir — caps, criques, falaises, chaos de rocher, grèves de sable —, la côte propose au continent cette frange mobile et secrète qui ne se dévoile que par intermittences : l’estran. Il est parfois représenté sur les documents géographiques, désigné sous le terme « laisse de mer ». Il s’agit de ce vaste champ humide et mou — ici, « la mer porte loin » — gagné toutes les douze heures sur l’océan avec ses vallées et ses promontoires. Il s’étire plus ou moins en fonction de la lune et du coefficient des marées.
Personnellement je le vois comme un espace en supplément hanté de chuintements, clappements et grouillements. Je le vois comme un intervalle nourricier, une doublure secrète.
Entre fucus et algues laminaires pareilles à des chevelures affalées, fourmillent abondance de créatures inconnues, crustacés et mollusques aux noms étranges — chitons, anémones, ophiures — qui se rétractent ou se figent sitôt qu’un pied s’approche. Les schistes mouillés y paraissent plus sombres. Le varech luit avec intensité. On dirait que s’est concentrée là toute une force de vie à éclore et à se répandre, préservant à jamais de la mort ce territoire bienaimé des hommes.
Je m’y aventure volontiers, empruntant les filons de sable vierge, sautant de roc en roc. Ça frétille sous les pierres, sous les algues épandues. Ça sent l’iode et le sel, comme on dit « ça sent la marée ». J’ai l’impression de marcher sur le fond de la mer. Je sais que bientôt l’espace sera à nouveau noyé, créatures redistribuées dans le ventre géant de l’océan.

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L'emprise de l'océan, page 3L'emprise de l'océan, page 7L'ermprise de l'océan, page 30

 

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