Rencontre sur les lieux du roman, 16 juin 2018

L’idée d’inviter des lecteurs sur les lieux du roman était vraiment belle. Ils avaient lu Retrouver le goût des fleurs, ils avaient envie d’évoquer leur traversée, leur rapport aux personnages. Alors ils sont venus jusqu’ici, ils ont vu. Et ils ont sorti leurs notes. Ils ont dit combien ils avaient été embarqués, combien le style était libre, combien l’intrigue soulevait des questions majeures, comme l’influence du lieu sur le déroulement de la vie quotidienne et intime.

Le partage a été réussi. Café gourmandises sous le cerisier. Rencontre lectures vidéos au frais du salon d’été. Et puis longue marche en nature dans la petite vallée (sinistrée par les eaux il y a quatre ans, portant encore les stigmates de l’événement). Il faudra recommencer…
 

L’un d’eux a laissé lui aussi des mots… Les voici…

Oui hier s’est enfui, mais je sais maintenant…

La solide maison arrimée à son jardin gagné sur la pente de la vallée étroite.

Le jardin de fleurs, de légumes, de fruits et de poules.

Objet de toutes les attentions d’un couple d’amoureux.

 

L’ombre du feuillage du cerisier aux dernières cerises trop mûres.

Le murmure du ruisseau.

Le coassement des grenouilles pressées de s’accoupler.

 

Nos mots, nos sourires, notre gourmandise partagés

en ce jardin de paisible nature.

 

Paisible !

Il suffit que l’orage paresseux s’installe trop longtemps plus haut

et la vague emporte les pierres agencées par des générations.

Les pierres des murs qui soutiennent la terre des jardins.

Les pierres des maisons qui protègent les vies.

Les pierres des ponts qui permettent l’autre rive.

 

Fin du fragile pacte avec la nature.

Impermanence des bonheurs aussi légers que la terre arrachée par les eaux boueuses.

 

Les jardiniers reprennent en main la vie qu’ils cultivent en puisant l’eau pure de la rivière.  

Des fleurs, des légumes, des fruits pour se sentir vivre pleinement.

Soucis des graines pour demain.

 

Jardin d’harmonie pour laisser pousser les mots qui donnent le nécessaire.

La force de l’amour et de la vie.

La fragilité des pierres posées que le torrent peut emporter à tout moment.

 

 

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