planète

Les hommes marchent entre ronces et brûlis de haies.
Ils s’égarent, marchent encore jusqu’à l’autre vallée. Alors ils se retournent et cherchent dans la ligne mauve des montagnes l’endroit d’où ils sont venus, l’endroit où ils sont nés.
Là-bas. Des milliers d’années en arrière.
Impossible de décrire le rougeoiement de l’ombre : nuages de poussières métalliques et vapeurs de cendres quand il n’y avait pas encore d’enfance. Rien que rêves incertains. En ces franges éloignées du temps et de l’univers, les vents et les orages fracassaient les nébuleuses, fracturaient les écorces, façonnaient les planètes.

Le jour où les hommes se sont tapis au flanc de la galaxie, ils se sont trouvés si petits.
Et le soleil a brûlé leurs yeux de mutants, broyé leurs solitudes.

FR ©, 2010

Redoutables chimères, de Jeannine Gilles-Murique (huile sur papier, 105 x 75)

2 réflexions au sujet de « planète »

  1. L’odeur de l’essence de térébenthine ouvrait à l’univers imaginaire de ma mère, Jeanine, et je m’y sentais bien, en pays de connaissance, de complicité. Il était fait de personnages qu’on aurait dits mutants, ayant acquis une puissance supplémentaire dans leur cou, semblable à un tronc d’arbre, support d’une âme qui n’a rien à voir avec celle des simples mortels. Il était fait de paysages et de mers appartenant à une autre planète que la nôtre, où sans doutes les lois de la physique universelle s’appliquent différemment à l’apparition de la vie.
    Mais comment j’ai fait pour partir sans l’une de ses toiles !!! Je vais faire des tirages papier chez l’imprimeur du coin.
    Sylvain, solito en Iquitos.

    1. la peinture de Gilles-Murique (ta mère) nous habite et nous porte loin… je commence à peine à écrire sous son inspiration, je la laisse me conduire
      mais oui, ses personnages ont quelque chose que nous n’avons pas, quelque chose qui les sublime. Une qualité d’âme peut être ?
      f

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