planète

Les hommes marchent entre ronces et brûlis de haies.
Ils s’égarent, marchent encore jusqu’à l’autre vallée. Alors ils se retournent et cherchent dans la ligne mauve des montagnes l’endroit d’où ils sont venus, l’endroit où ils sont nés.
Là-bas. Des milliers d’années en arrière.
Impossible de décrire le rougeoiement de l’ombre : nuages de poussières métalliques et vapeurs de cendres quand il n’y avait pas encore d’enfance. Rien que rêves incertains. En ces franges éloignées du temps et de l’univers, les vents et les orages fracassaient les nébuleuses, fracturaient les écorces, façonnaient les planètes.

Le jour où les hommes se sont tapis au flanc de la galaxie, ils se sont trouvés si petits.
Et le soleil a brûlé leurs yeux de mutants, broyé leurs solitudes.

FR ©, 2010

Redoutables chimères, de Jeannine Gilles-Murique (huile sur papier, 105 x 75)