impressions de printemps

Il s’agit du deuxième volet des accrochages accompagnant le livre Au-delà du blanc. Cette fois, un cheminement à travers  les printemps.
Quelques toiles choisies parmi celles, très nombreuses, consacrées par Richarme à ce thème permettront de suivre son évolution de 1941 à 1973.

La lecture-concert du 2 février – avec la harpiste Isabelle Toutain – proposera également des fragments sur ce thème.

L’événement est organisé en collaboration avec EV’A.

nature morte, Richarme (6)

Deuxième rendez-vous le dimanche 14 novembre 2010, à 18h au Château des Évêques à Lavérune, dans la salle italienne
LECTURE-CONCERT
avec Frédéric TARI (compositions, violon & piano) et Françoise RENAUD (textes & voix)

(accrochage au Musée Hofer Bury jusqu’au 14 novembre, consulter l’article Midi Libre du 08/11/2010)

« Richarme s’est toujours occupée de natures mortes, c’est un fait. Impossible pour elle de faire l’économie d’un travail qui réclamait un dessin irréprochable.

Au commencement, sur les conseils de sa mère elle s’était exercée à traduire les sujets qui lui tombaient sous les yeux. Dans son logis d’Annecy, elle avait étudié les bouquets et les objets chinois intégrés dans son décor. Pas besoin d’aller chercher ailleurs. Les éléments l’intéressaient pour leur forme, leur couleur, leur matière, ou les trois à la fois. Au fil des années elle avait accumulé quantité de pots, vases, flacons, cruches, bouteilles, bougies, théières susceptibles de servir ses projets – l’escalier de Psalmodie est d’ailleurs orné d’un objet en poterie à chaque marche. Également des boîtes, des ficelles, des papiers d’emballage qu’elle récupérait ci et là et dont elle se servait pour l’animation des fonds.

Car voilà l’un de ses petits secrets d’atelier : des papiers calés à l’arrière des objets qui mettaient leurs motifs et leurs moirures au service de la composition.

Une tablette en bois lui servait de scène, toujours placée à gauche du chevalet pour recevoir la lumière du nord.

C’est sur cette tablette qu’elle agençait avec minutie les pièces du puzzle jusqu’à répondre aux besoins du tableau en train de naître. La préparation pouvait durer plusieurs jours. Des fleurs, des fruits du jardin ou de simples légumes rapportés du marché pouvaient servir de déclencheur. Si c’était le cas, elle se les appropriait sur le champ et les montait dans son atelier. »

extrait du récit Au-delà du blanc, FR© 2010

“Nature morte aux grenades”, détail, huile sur toile, 40 x 50 cm

portrait, Richarme (3)

« Bien sûr, l’art sous toutes ses formes la passionnait. Elle avait étudié les œuvres peintes depuis Fra Angelico jusqu’à Picasso. Avait lu aussi bien Anna de Noailles que Rainer Maria Rilke ou Colette. Était allée au théâtre, au concert aussi souvent que possible. Opéras et symphonies la ravissaient pourvu que l’interprétation fût bonne. Beethoven, Berlioz, Rachmaninov, tant d’autres.
En résumé elle avait un cœur large.
Bien campée sur la terre, elle était comme un roc, un pilier. Elle était comme une force.
Une seule chose l’inquiétait : le devenir de ses filles quand elle serait partie. »

FR © – fragment de Au-delà du blanc – Richarme (1904-1991), récit, CLC éditions, 2010