souffle dans le sang

le « je » regarde, ressent, engrange le détail
sans cesse il apprend
l’imperceptible mutation du monde
il ignore tout au début — de cette écriture

tenir le fil, fermement

connaître ce fouissement duveteux sur le blanc du lit
ce spasme silencieux des corps
(jusqu’où diable vivrons-nous ?)

à force de regards
— petites unités inquiètes, diurnes ou nocturnes —
il perçoit de mieux en mieux la nature du passage
chuintement d’eau, souffle dans le sang

FR © – inspiré par la photographie de Joëlle Colomar ©, 2010