l’arbre est un vaisseau bruissant d’oiseaux

Une lecture de fragments de ce roman aura lieu dimanche 5 juin 2011 à 17h30 à Goudargues (Gard) lors de la 3ème Journée du Livre sur les quais

En vérité l’arbre n’était pas un cyprès, mais un Pinus lambertiana de la plus belle espèce, plutôt rare en cette province. Et Martha remit les choses au point sitôt que l’occasion s’en présenta, c’est-à-dire qu’elle désigna l’arbre sous son vrai nom afin que les enfants s’en souviennent.Un jour qu’il pleuvait, elle en montra une planche à Hilde dans un gros livre consacré aux résineux d’Europe et d’Amérique.

Cyprès ou lambertiana, peu importait. La cachette ménagée en son cœur devenue cabane était la plus confortable qu’ils n’avaient jamais connue et les deux cousins tapèrent dans leurs mains à l’idée d’y passer une veillée à la prochaine pleine lune. Il fut convenu qu’un des chiens bergers veillerait à leur sécurité.

Dans la semaine qui suivit, leurs possessions s’augmentèrent de jumelles marines qui avaient appartenu au grand-père – un héritage en quelque sorte – et d’une malle remplie de magazines illustrés. Oh pas de vulgaires bandes dessinées pour gosses avec des dialogues idiots. Pas du tout. Il s’agissait de revues d’histoire et de géographie que Martha collectionnait quand elle était étudiante. Aussi d’archéologie et d’anthropologie avec des reproductions disposées dans des encadrements dorés : dessins, gravures, photographies. Des éditions de luxe à vous donner l’amour du papier imprimé. On avait envie de les regarder sans jamais s’arrêter.
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naissance, Richarme (1)

Un nouvel OUVRAGE à PARAÎTRE
(dans une poignée de semaines grâce à CLC éditions)…
et à chaque fois, c’est comme une nouvelle NAISSANCE…

Mon aventure avec Colette Richarme a commencé en octobre 2007 par une visite dans un mas qu’elle a ‘habité’ pendant presque trente ans aux environs de Montpellier. Je n’avais jamais entendu son nom, pourtant j’ai eu l’impression de la connaître rien qu’en pénétrant sa maison — le hasard mène toujours fort bien son affaire ! Aujourd’hui, ce livre…

Entre récit intime et biographie, il parle d’elle. De sa vie : née en Chine au début du XXe siècle, installée en Languedoc à la fin des années trente. Il parle du courage, de la solitude, de l’engagement dans l’art… (il parle aussi de moi)

« Quelque chose d’important qu’elle s’est mise à faire dès sa jeunesse sans savoir ni pourquoi ni comment, quelque chose proche de la faim, d’une faim infiltrée dans sa poitrine depuis la nuit des temps capable de stimuler son désir de respirer, capable de modifier sa manière d’avancer de marcher de penser. Non pas une simple faim suscitée par les muscles et les organes en manque de nourriture, non. Une terrible faim capable de débusquer jusqu’aux reflets cachés dans les cellules, aux plis des chromosomes, une faim d’entrailles qui dépasse l’entendement et qui l’aurait probablement effrayée si elle en avait pris la mesure.
Pas le choix, un jour vient où l’on meurt de toute façon. »

Elle a laissé une œuvre importante constituée de dessins, gouaches, lavis et huiles sur toile. Richarme est son nom d’artiste. Son parcours pictural très personnel et sa passion pour la peinture m’ont saisie et poussée à écrire.

extrait de Au-delà du blanc, FR © – (à suivre)