vague

pluie noire
cette fois, vague noire — il n’y a pas de mots
déferle, ravage

On pense à la fin de quelque chose qui aurait commencé il y a très longtemps, au bord de la mer.
La mer engendre et assassine. Elle appelle à son voisinage, donne brise et nourriture, un jour elle tue. Elle est vie mort, écume boue, phosphorescence ténèbres. Sur ses rivages les hommes sont en morceaux. Dans leur ventre, le fracas — on ne peut l’imaginer.

nous sommes en hiver
il neige sur ces collines qui bordent l’océan
ils ne pleurent pas, ils ne sentent pas le froid
la  plaine est grise, jonchée d’innombrables débris  —  rien à dire, seulement chercher dans les décombres

ici et maintenant

On dirait que nous sommes aveugles.

(côte nord-est du Japon – 11 mars 2011)

Prémices, de Laurence Briat, 2010, huile sur toile (130 x 70)