Archive for the Category écrire

 
 

les musicales

Ce blog est né il y a tout juste un an.

Écrire réclame toujours plus, un engagement à chaque respiration. Et chaque fois la même question : quoi entreprendre ?

Ne pas réfléchir – enfin, c’est ce que je me dis.
Éviter d’aller au-delà de l’instant, de ce qui s’ébranle à l’intérieur du corps et de la gorge. Puiser dans la matière qui remue dans le ventre, innocente, et puis la déposer tel le drap blanc sur le pré.
Ne pas chercher à l’enjoliver  —  se taper sur les doigts quand la tentation vient — et dérouler le récit avec simplicité.

Car c’est naturellement que le chemin conduit vers ce village perdu tout au bout du pays, vers cette bergerie délabrée ou ce verger abandonné avant de se disperser à flanc de montagne, talus bientôt changés en bosquets, en forêts. Ci et là des friches propices à la bruyère, des clairières, des zones abritées au pied de murets à moitié éboulés – on s’arrête à leur flanc pour se reposer. Des fragments de paysages jamais imaginés paraissent entre les branches. Surviennent des crépuscules tranquilles ou teintés d’ouragan.
Après, la nuit.

Tenter de voir,
de tout saisir.
Tout, je veux dire chaque élément de ce pays qui brûle — bien réel autour de soi —, l’installer tel qu’il se présente comme s’il était question de composer un tableau.
Read the rest of the entry…

temps fournaise

Temps fournaise.
La nuit j’écris à l’envers de mon crâne – pas de répit – et je rêve de retourner ce crâne au matin telle une vulgaire chaussette pour en faire tomber des histoires bien ficelées.

Je me réveille. À nouveau les mots. Ils se bousculent. Je commence plusieurs romans à la fois, j’imagine écrire un texte tout simple pour vous dire ce début d’été, chaque élément posé, ajusté. Et puis fournaise, demi sommeil, fatigue, fièvre même. Tout s’enfuit. Ne reste que cette buée imprégnée d’odeurs de musc et de cèdre et de tout ce qui traîne de folie sous les toits pour occuper la paroi interne de mes yeux.

Elle ressemble à la buée qui se dépose dans la serre de mon père quand mûrissent certains fruits.

Je voudrais écrire, tant vous dire…

Aujourd’hui, seulement cette buée avant que ne tombe l’autre nuit, avant que ne germe l’essence d’un autre roman.

texte et photographie : FR ©