{"id":1402,"date":"2010-11-03T15:13:19","date_gmt":"2010-11-03T13:13:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.francoiserenaud.com\/blog\/?p=1402"},"modified":"2013-05-14T11:22:56","modified_gmt":"2013-05-14T10:22:56","slug":"improbable-rencontre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.francoiserenaud.com\/blog\/2010\/11\/improbable-rencontre\/","title":{"rendered":"improbable rencontre"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/plumerandfpeintures.blogspot.com\/\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1406\" style=\"border: 2px solid black; margin: 0.5px;\" title=\"Afghans_2010\" src=\"http:\/\/www.francoiserenaud.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/11\/Afghans_2010.jpg\" alt=\"\" width=\"493\" height=\"345\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left: 120px;\"><em>Cet extrait (tir\u00e9 du roman <a href=\"http:\/\/www.francoiserenaud.com\/bibliographie\/romans-recits\/sentiers-nomades\/\" target=\"_blank\"><strong>Sentiers Nomades<\/strong><\/a>, \u00e9ditions AEDIS, FR\u00a9 &#8211; 2003) sera lu le 4 novembre lors de la <strong>soir\u00e9e <a href=\"http:\/\/msf.cci.free.fr\/evenements\/flyweb\/ADA-El_Meya.jpg\" target=\"_blank\" data-rel=\"lightbox-image-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\">N\u00dbBA<\/a>, une collaboration in\u00e9dite entre le <\/strong><\/em><strong>CCI Musique Sans Fronti\u00e8res<em> et <\/em><a href=\"http:\/\/www.autour-des-auteurs.net\" target=\"_blank\">Autour des Auteurs<\/a><\/strong><em><strong>, avec l&rsquo;ensemble andalous EL MEYA.<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"margin-top: 40px;\"><em><strong> <\/strong><\/em>Quelques jours plus tard l\u2019afghan r\u00e9v\u00e8le enfin ce qu\u2019il cachait, sans doute parce qu\u2019il revoyait la sc\u00e8ne avec une clart\u00e9 si prodigieuse qu\u2019il ne pouvait plus la garder pour lui.<\/p>\n<p>Une femme marchait, belle dans ses jupes en d\u00e9sordre. Elle s\u2019appelait Charifa et elle \u00e9tait le centre de son univers quand il \u00e9tait tout jeune homme. Souvent il la rencontrait en cachette et ses mains et ses \u00e9paules tremblaient \u00e0 cause du feu qui l\u2019habitait. Il affirme qu\u2019aucune de ses exaltations suivantes n\u2019avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur de celle-l\u00e0.<br \/>\nUne fois ses \u00e9tudes achev\u00e9es, il \u00e9tait retourn\u00e9 \u00e0 Kaboul en tant qu\u2019agent charg\u00e9 du d\u00e9veloppement des industries laiti\u00e8res. En 1978, il voyageait avec une \u00e9quipe de chercheurs vers Mazar-i-sharif dans le but d\u2019installer des chambres froides pour la conservation du lait. Apr\u00e8s la collation de midi, il s\u2019\u00e9tait \u00e9cart\u00e9 de la piste pour rejoindre un petit torrent qui bondissait au fond de la gorge. Agripp\u00e9 \u00e0 des buissons rabougris, il avait contempl\u00e9 la nature et il avait remarqu\u00e9 sur le sentier \u00e0 l\u2019aplomb une femme en compagnie d\u2019enfants. Elle conduisait par la bride un mulet charg\u00e9 de ballots. Il n\u2019aurait su dire par quel prodige une circonstance pareille avait pu se produire, pourtant c\u2019\u00e9tait Charifa, sa princesse de nagu\u00e8re, celle qu\u2019il avait si souvent nomm\u00e9e \u00ab\u00a0sa bien-aim\u00e9e\u00a0\u00bb. <!--more-->Voil\u00e0 qu\u2019elle aussi le reconnaissait. Et il voyait la stupeur ouvrir sa bouche, donnant \u00e0 son visage l\u2019apparence d\u2019un masque, et il souffrait de son regard br\u00fblant qui venait le frapper en plein c\u0153ur. Un vent ti\u00e8de avait port\u00e9 le parfum de peau et de chevelure de la femme jusqu\u2019\u00e0 ses narines, alors il avait senti les d\u00e9mons au bord de le terrasser.<\/p>\n<p>Jamais il n\u2019avait song\u00e9 \u00e0 raconter des choses aussi secr\u00e8tes et folles, en tout cas beaucoup trop personnelles, ces choses de l\u2019amour et de la honte, ces sentiments terribles qui vous hantent jusqu\u2019au dernier soupir et d\u00e9posent des rides autour de vos paupi\u00e8res. Pourtant ce jour-l\u00e0, il les confie \u00e0 cette femme qui le visite depuis plusieurs mois et recueille ses murmures. Apr\u00e8s avoir parl\u00e9 de Charifa, il para\u00eet \u00e9puis\u00e9.<\/p>\n<p>Il ajoute encore :<br \/>\n\u00ab\u00a0L\u2019amour existe bel et bien, je l\u2019ai v\u00e9cu et puis je l\u2019ai perdu, ah cet incomparable battement de c\u0153ur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une fois rentr\u00e9e chez elle, elle recommence \u00e0 \u00e9crire dans le carnet pos\u00e9 pr\u00e8s de la lampe ou \u00e0 l\u2019envers sur le lit. Elle \u00e9crit \u00e0 propos de l\u2019amour et de la douleur de l\u2019amour.<\/p>\n<p style=\"margin-top: 40px;\">\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 120px;\"><em><strong> <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>\u00ab\u00a0Afghans\u00a0\u00bb, huile sur toile, <a href=\" http:\/\/plumerandfpeintures.blogspot.com\/\" target=\"_blank\">Fr\u00e9d\u00e9ric Plumerand<\/a>, 2010 <\/em><\/p>\n<p><\/em><\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet extrait (tir\u00e9 du roman Sentiers Nomades, \u00e9ditions AEDIS, FR\u00a9 &#8211; 2003) sera lu le 4 novembre lors de la soir\u00e9e N\u00dbBA, une collaboration in\u00e9dite entre le CCI Musique Sans Fronti\u00e8res et Autour des Auteurs, avec l&rsquo;ensemble andalous EL MEYA. 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