entre bras (3)

On aperçoit les arbres par la fenêtre ouverte. Un léger vent les agite. Quelques nuages au ciel. Le temps s’écoule.
Ils goûtent à la beauté du moment.
Puis ils se souviennent, inévitables bribes soulevées par le contact entre eux nouvellement rétabli.

Le même pays les a nourris — pas n’importe lequel, un pays fort, un pays de mer. Chacun en a gardé un goût affirmé pour la baignade, le vent d’ouest, les tempêtes d’équinoxe.
–  Cette couleur de sable, sais-tu qu’on ne la trouve nulle part ailleurs ?
Et c’est vrai pour toutes les composantes de cette côte qu’ils aiment plus que tout autre lieu.
Un paysage, ça vous forge les sens et le corps en dedans.

Outre le pays, leurs père et mère ont contribué à leur croissance avec ce qu’ils avaient de pire et de meilleur, on ne peut pas revenir là-dessus. La vie était sévère, maigre en douceurs. Peu de jouets. Un tas de sable dans le jardin avec des petites voitures, des billes en verre coloré, un vieux cheval de bois. Plus tard ils faisaient des parties de Grand Voyage quand il pleuvait, jeu de société offert lors d’un anniversaire — il s’agissait de déplacer des pions sur une carte du monde. Ensemble ils s’étaient donc initiés aux mystères des cinq continents.
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