Le ciel lumineux de l’enfance

récits et fragments
collection Petites Proses
(format Pocket)
édition privée, 2012

L’ensemble des œuvres d’Élisa Fuksa-Anselme, support à ces fragments d’écriture, est à découvrir sur le site de l’artiste dans le catalogue qui accompagne l’exposition «À la croisée des regards».
(du 9 novembre au 8 décembre 2012, Espace culturel de Saint-Jean-de-Maurienne, Savoie)

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PETITE HISTOIRE DU LIVRE

J’ai rencontré Élisa Fuksa-Anselme pendant le Salon du Livre d’Hermillon en octobre 2011 où elle exposait. Un travail singulier, émouvant, frappant de plein fouet la mémoire, réveillant l’attachement qu’on voue aux êtres disparus.
À l’origine de ce travail, des plaques et négatifs argentiques qui dormaient dans le grenier d’un instituteur de montagne. Ce dernier, passionné de photographie, avait pris les gens de son temps pour sujets et la photographe-plasticienne Élisa Fuksa-Anselme les a fait revivre des années plus tard.
Ces tableaux, au-delà des techniques mixtes capables d’exalter la matière, offrent des regards, des attitudes, des postures qui nous attirent et nous troublent. Car ces gens ont réellement vécu, des gens issus du monde rural de montagne qui pourraient faire partie de notre propre famille. Ainsi, le travail de l’artiste nous interroge et nous reconduit vers notre histoire personnelle.
Et l’écrivain met des mots sur ces corps et ces visages.

Quand Élisa Fuksa-Anselme m’a invitée à écrire autour de sa prochaine série de peintures — portraits d’enfants — en vue d’une exposition en Savoie, j’ai accepté tout de suite. Pour deux raisons : son travail est bouleversant et le thème exploré fait partie des miens.

EXTRAIT

in « Le ciel lumineux de l’enfance », fragment 1

« Comment vous dire les choses autrement ? Je les aurais tellement aimés, ces enfants-là, s’ils avaient vécu près de moi, sous un ciel pénétré d’ombres ou au contraire limpide et parcouru d’oiseaux. Côte à côte nous aurions marché à travers champs, froissant, respirant les corolles épanouies. Nous nous serions accroupis pour regarder les fourmis et toutes sortes d’insectes qui cheminent l’air de rien entre les herbes en quête de butin, braves petits soldats inquiets et toujours affairés. Nous les aurions taquinés avec des brindilles et nous aurions ri de leur panique, mesurant du même coup notre pouvoir immense sur les créatures minuscules. Et sans doute que nous aurions couru en bas du vallon jusqu’au ruisseau. Il est bordé d’aulnes et de joncs où s’abritent de petits échassiers difficiles à repérer parce que leurs ailes mouchetées ont la couleur de la terre — bécasseaux, chevaliers combattants.

L’eau aurait joué sa musique autour de nos jambes. Éclaboussements, fragments de joie… »

QUELQUES TABLEAUX

Série « À la croisée des regards », © Élisa Fuksa-Anselme

Une promenade, techniques mixtes, 40 x 40
Premiers jours de printemps, techniques mixtes, 24 x 52
Le tir à l’arc, techniques mixtes, 40 x 40

LE RECUEIL :

Le ciel lumineux de l’enfance
Regarder écouter
Le landau
Profite, petit
L’enfance demeure en nous, entière
Exploration
Grandes vacances
Bien-aimé des anges
La robe neuve
Le bouquet de violettes
Ocre de la terre
Fratries
Animal compagnon
Ma sœur
Traces

(on peut se procurer l’ouvrage auprès de l’auteur)

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