entre bras (4)

Et maintenant quoi faire ? Quoi décider ?
Un mouvement a été amorcé, c’est certain. Depuis qu’ils se sont embrassés, une émotion nouvelle les habite, une onde capable de vibrer dans leur poitrine de façon permanente — jusque là, c’était un peu comme s’ils étaient morts.
Plus brulante aussi — plus durable — la conscience de se savoir vivants au même instant et dans ce monde.

Être vivant, rien n’est plus important que cela.

Il pense qu’elle lui a beaucoup manqué quand elle est partie en internat à quatorze ans. Un vide impossible à combler. Il hésite, finalement ne dit rien à ce sujet.
Temps de silence et puis :
– Quinze ans à se côtoyer, ça n’est pas rien !
– Tu as raison, ça n’est pas rien.
De toute façon il l’aime — il le lui dit plusieurs fois. D’une manière différente des autres femmes qui comptent pour lui, épouse ou filles, mais il l’aime.
– Chaque relation a sa place et sa couleur. Au fond, notre existence est un peu comme une toile à peindre.
Il est d’accord avec elle.
Dans le souci de résumer la situation, elle ajoute :
– Nous sommes frère et sœur, point final. Nous faisons partie d’un tout, en même temps nous sommes seuls.

C’est drôle, mais on dirait qu’il prend soudain conscience des attachements qui l’ont construit et nourri durant toutes ces années, et il lui vient l’envie de s’engager sur quelque chose de précis avant qu’ils se séparent.
Elle répond que c’est inutile, qu’il n’y a rien à promettre. Tout doit se faire par amour, rien de forcé. Et leur quotidien progressera s’ils veulent bien pétrir leurs erreurs chacun de leur côté.

Faire un pas, puis un autre, si possible vers l’avant.
En toute circonstance, faire de son mieux et conserver les yeux ouverts.

FR ©, 2011- inspiré par la photographie de Joëlle Colomar © : ‘Émotion’

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